En quelques années,
le monastère s'est développé pour faire face
aux demandes d'admissions, toujours croissantes. Les enfants viennent
de tous les pays de l'Himalaya. Nombreux sont ceux qui n'ont plus
de famille; d'autres ont des familles qui les délaissent ou
les ont abandonnés. Quoi qu'il en soit, le monastère
les traite de façon parfaitement égale et leur fournit
tout ce dont ils ont besoin: nourriture, logement, vêtements.
Souvent les familles font un don, minime à vrai dire, lorsqu'elles
demandent au monastère de prendre en charge leur enfant. Après
cela, c'est uniquement le monastère qui s'occupe des besoins
des enfants. C'est pourquoi la charge du monastère est extrêmement
lourde. Sachant que de tels monastères ne vivent que des offrandes
des fidèles, on comprend qu'il soit souvent difficile d'assurer
tout à la fois l'éducation et la vie de tous ces enfants.
Comme dans tous les monastères, ces enfants vivent de façon
simple et frugale. Nombre d'entre eux n'ont que deux jeux de vêtements
qui consistent en une jupe, une chemise et un châle, tous de
couleur brune, rouge ou jaune. Le monastère fournit un jeu
de vêtements tous les ans, avant le nouvel an tibétain
qui a lieu vers le mois de février, puisque le calendrier tibétain
est lunaire et ne suit pas les dates du calendrier solaire.
Bien que l'on en parle comme des moines, ces enfants ne prendront
pas réellement de vux monastiques complets avant qu'ils
aient atteint l'âge de 19 ans. Ils décideront alors s'ils
veulent recevoir l'ordination qui fera d'eux un moine pour la durée
de leur existence. C'est à ce moment là que ceux d'entre
eux qui n'éprouvent pas la vocation monastique ou contemplative
retourneront à la vie active.
Dans leur jeune âge, la vie au monastère est donc une
chance donnée à ces enfants de recevoir, en plus d'une
éducation pratique adaptée aux conditions du pays, une
formation religieuse et spirituelle approfondie qui leur permettra
de déterminer quelle sera l'orientation de leur existence.