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LES MONASTERES DE DARJEELING ET DU GURU LHAKANG

Au début des années 60, fuyant les destructions et les persécutions perpétrées par l'armée chinoise dans son pays, Kangyur Rinpotché, un très grand lama tibétain, est venu s'établir à Darjeeling en Inde. Il y établit le petit monastère de Orgyen Kunsang Chökhorling avec l'intention de le mettre principalement au service des très nombreux orphelins que comptait la communauté tibétaine en exil, dont beaucoup de membres n'ont pu s'adapter au climat et aux conditions de vie en Inde.

Après son décès, en 1975, son fils aîné, Péma Wangyal Rinpotché, a poursuivi l'œuvre de son père et a développé petit à petit le monastère qui abrite près de quarante moines, enfants et jeunes adultes. Le monastère compte également une antenne au Sikkim avec le petit monastère que l'on nomme Gourou Lhakang, (littéralement le Temple du Maître) à cause de la grande statue du maître Padmasambhava qui se trouve à l'intérieur. Padmasambhava, appelé également Gourou Rinpotché, fut le maître indien qui introduisit le bouddhisme au Tibet au VIIIème siècle. Au début des années 80, Sa Sainteté le Dalaï Lama en avait confié la gestion à Koungo Nima Zangpo qui prenait alors également en mains le monastère de Darjeeling. Situé à une grosse demi-journée de route de Darjeeling, ce petit monastère est entièrement lié à la vie de celui d'Orgyen Kunsang Chökhorling.

En quelques années, le monastère s'est développé pour faire face aux demandes d'admissions, toujours croissantes. Les enfants viennent de tous les pays de l'Himalaya. Nombreux sont ceux qui n'ont plus de famille; d'autres ont des familles qui les délaissent ou les ont abandonnés. Quoi qu'il en soit, le monastère les traite de façon parfaitement égale et leur fournit tout ce dont ils ont besoin: nourriture, logement, vêtements. Souvent les familles font un don, minime à vrai dire, lorsqu'elles demandent au monastère de prendre en charge leur enfant. Après cela, c'est uniquement le monastère qui s'occupe des besoins des enfants. C'est pourquoi la charge du monastère est extrêmement lourde. Sachant que de tels monastères ne vivent que des offrandes des fidèles, on comprend qu'il soit souvent difficile d'assurer tout à la fois l'éducation et la vie de tous ces enfants.
Comme dans tous les monastères, ces enfants vivent de façon simple et frugale. Nombre d'entre eux n'ont que deux jeux de vêtements qui consistent en une jupe, une chemise et un châle, tous de couleur brune, rouge ou jaune. Le monastère fournit un jeu de vêtements tous les ans, avant le nouvel an tibétain qui a lieu vers le mois de février, puisque le calendrier tibétain est lunaire et ne suit pas les dates du calendrier solaire.
Bien que l'on en parle comme des moines, ces enfants ne prendront pas réellement de vœux monastiques complets avant qu'ils aient atteint l'âge de 19 ans. Ils décideront alors s'ils veulent recevoir l'ordination qui fera d'eux un moine pour la durée de leur existence. C'est à ce moment là que ceux d'entre eux qui n'éprouvent pas la vocation monastique ou contemplative retourneront à la vie active.
Dans leur jeune âge, la vie au monastère est donc une chance donnée à ces enfants de recevoir, en plus d'une éducation pratique adaptée aux conditions du pays, une formation religieuse et spirituelle approfondie qui leur permettra de déterminer quelle sera l'orientation de leur existence.